Cameroun : Clément Atangana, premier président du Conseil constitutionnel, est décédé à Paris
Magistrat de carrière devenu une figure publique lors des contentieux électoraux de 2018 et 2025, il s'est éteint le 4 octobre 2026 en France, où il avait été évacué pour raisons de santé.

Illustration DÉO-CI. Cliquez sur une image pour la récupérer.
Le Cameroun perd l'une des voix les plus identifiables de son appareil judiciaire. Clément Atangana, président du Conseil constitutionnel, est mort le 4 octobre 2026 à Paris, des suites d'une longue maladie. Hospitalisé plusieurs semaines à Yaoundé, il avait été évacué vers la France lorsque son état s'était dégradé.
Né le 20 décembre 1941 à Ekoumeyeck, près de Ngomedzap, dans le département du Nyong-et-So'o, il avait consacré l'essentiel de sa vie à la justice. Sa formation passe par l'École nationale d'administration et de magistrature (ENAM) ainsi que par l'Institut international d'administration publique, à Paris, avant son entrée dans la magistrature le 20 décembre 1968.
Sa carrière l'a conduit dans de nombreuses juridictions du pays. Juge d'instruction à Nkongsamba, il a ensuite présidé les tribunaux d'Eséka, de Bafia, de Sangmélima et de Mora, avant de devenir procureur général à Maroua, puis président de la Cour d'appel du Centre. Magistrat hors hiérarchie, il a terminé son parcours à la Cour suprême comme conseiller, poste qu'il a quitté en 2014 pour prendre sa retraite.
Il est pourtant revenu aux affaires quatre ans plus tard. Le 7 février 2018, lors de l'installation du Conseil constitutionnel, il en est devenu le tout premier président. Il a dirigé pendant huit ans cette juridiction, chargée notamment de trancher les litiges liés aux élections présidentielles et législatives.
C'est sous sa présidence que l'institution a rendu ses décisions sur les contentieux de deux scrutins présidentiels, en 2018 et en 2025. Dans les deux cas, les résultats officiels ont été contestés, d'abord par Maurice Kamto et ses soutiens, puis par Issa Tchiroma Bakary et les siens. Le Conseil a rejeté les requêtes qui lui étaient soumises, un bilan qui a valu à l'institution de nombreuses critiques de la part de l'opposition, qui soupçonne le Conseil d'être proche du pouvoir.
Le public camerounais gardera surtout en mémoire sa voix grave et un mot qu'il a souvent prononcé lors de ces audiences très suivies : « irrecevable ». Ce terme est devenu, pour beaucoup, indissociable de son nom et de la fonction qu'il occupait.
Sa disparition ouvre désormais la vacance à la tête du Conseil constitutionnel. Selon la loi, il revient au président de la République de nommer le successeur en cas de décès ou de démission du titulaire. DÉO-CI présente ses condoléances à sa famille, à ses proches et à l'ensemble de la magistrature camerounaise.
PUBLICITÉCOMMENTAIRES
Soyez le premier à donner votre avis sur cet article.
À LIRE AUSSI
AfriqueRDC : Joseph Kabila prend la tête du Front pour la refondation de la nation, avec l'AFC-M23Annoncée à Goma le 12 octobre, cette plateforme politico-militaire revendique le recours à la force ; Kinshasa n'avait pas encore réagi dans l'article source.
AfriqueCour de justice de la CEDEAO : la Libérienne Charlyne Brumskine élue présidente, le Béninois Désiré Aihou vice-présidentLe nouveau collège de cinq juges, assermenté le 6 octobre, dirigera la Cour jusqu'en 2030 dans le cadre du plan « Justice 2030 ».
AfriqueNaufrage au large de Djibouti : au moins 139 migrants morts, des dizaines de disparusLe bateau, parti pour le Yémen avec environ 350 personnes, a chaviré dans la nuit du 8 au 9 octobre ; plus de 80 rescapés, tous éthiopiens, selon l'OIM.
AfriqueMali : l'armée reprend Kidal, que les rebelles du FLA disent avoir quittée par « repli stratégique »La ville, perdue en avril 2026 face au FLA et au JNIM, a été reprise avec le soutien d'Africa Corps, sans combat décrit par France 24.